Le dictateur congolais Félix Tshisekedi a rejeté toute relance du processus de Doha destiné à finaliser les protocoles encore en suspens de l’Accord de principes signé avec l’AFC/M23. Il semble désormais résolu à poursuivre la guerre jusqu’à l’aboutissement de l’ensemble de ses objectifs militaires.

Les médiateurs américains et qataris ne peuvent rester passifs face à une telle posture belliqueuse. Ils doivent comprendre que les forces révolutionnaires n’accepteront pas de laisser l’armée de Tshisekedi se reconstituer pour lancer de nouvelles offensives meurtrières, que ce soit contre leurs positions ou contre les civils vivant dans les territoires qu’elles contrôlent.

Plus encore, les médiateurs doivent savoir quand et comment exercer une réelle pression. La guerre civile congolaise a atteint un moment charnière. Le régime n’a jamais été aussi affaibli militairement, et rien n’empêche désormais les révolutionnaires de l’AFC/M23 de frapper de manière décisive, d’avancer vers le Katanga et de priver la machine de guerre de Tshisekedi de ses principales sources de financement.

Il arrive un moment où les courtoisies diplomatiques deviennent inutiles.

En réalité, la condamnation internationale de l’offensive salvatrice menée par l’AFC/M23 au Sud-Kivu — offensive qui a permis aux communautés banyamulenge de respirer après des mois de blocus délibéré visant à les affamer jusqu’à leur disparition — a produit l’effet inverse de celui recherché. Loin d’apaiser les tensions, elle n’a en rien contraint le régime de Tshisekedi à faire preuve de lucidité et à réévaluer sa position.

Tshisekedi et son entourage semblent désormais convaincus qu’un appui diplomatique américain leur permettra d’obtenir tout ce qu’ils souhaitent.

C’est une grave erreur d’appréciation.

Comme l’a rappelé Bertrand Bisimwa, président du M23 : « Ce pays est le seul que nous ayons. » Il est évident que l’AFC/M23 n’abandonnera pas les populations qui comptent sur elle pour leur survie. Les manifestations pacifiques observées dans les villes libérées ont été sans équivoque : les habitants refusent le retour des FARDC et de leurs milices alliées, responsables d’exactions massives, parfois à caractère génocidaire. Toute discussion portant sur un retrait qui exposerait les civils à de nouveaux massacres est donc exclue.

Malgré cela, Tshisekedi continue de croire qu’il pourra récupérer, sous la pression internationale, ce qu’il a perdu à la suite de son offensive militaire désastreuse visant à reprendre Bukavu et Goma par la force. Il est peut-être temps que les acteurs extérieurs s’effacent et laissent les Congolais régler eux-mêmes ce conflit.

Aujourd’hui, les Congolais disposent des moyens nécessaires pour mettre fin aux violences et instaurer une paix durable. L’Armée révolutionnaire congolaise (ARC) a la capacité de mettre un terme à la guerre. Le principal obstacle reste l’ingérence d’acteurs extérieurs qui ont échoué à répondre aux besoins fondamentaux de sécurité du peuple congolais.

Comme l’ont exprimé les habitants d’Uvira, si les Américains ne sont pas prêts à déployer des troupes pour assurer leur protection, ils devraient laisser l’AFC/M23 agir.

Tshisekedi a clairement fait le choix d’une guerre sans fin. Il doit être ramené à la raison ou écarté du pouvoir. Si ce ne sont pas les Américains, alors le peuple congolais lui-même s’en chargera.

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