Félix Tshisekedi croyait avoir trouvé un moyen astucieux pour se sortir du processus de Doha, dans le cadre duquel son régime participe à des pourparlers bilatéraux avec l’Alliance pour le fleuve Congo (AFC/M23) dirigée par Corneille Nangaa. Mais la coalition d’opposition de Joseph Kabila, Sauvons la République démocratique du Congo, a habilement contrecarré ses plans.
Kabila a réussi à bloquer les tactiques dilatoires dont Tshisekedi a pris l’habitude sur la scène internationale.
Le message de la coalition est clair : si l’objectif est réellement la paix, le processus de Doha doit aller jusqu’à son terme. Un vrai dialogue ne peut avoir lieu que dans un climat apaisé, avec des armes réduites au silence par un cessez-le-feu réel et efficace.
Avec cette posture, la coalition de Kabila se pose comme la partie raisonnable. Elle refuse à Tshisekedi l’opportunité de transformer le soi-disant « dialogue intercongolais inclusif » de Luanda en cheval de Troie, lui permettant de se présenter comme un homme de paix tout en poursuivant une guerre qui a fait des milliers de morts et déplacé des millions de personnes.
La coalition oblige également Tshisekedi à affronter une réalité qu’il a soigneusement évitée jusqu’ici : reconnaître publiquement que son régime s’est retiré du processus de Doha. Jusqu’à présent, le président congolais s’était refusé à le dire ouvertement, craignant de froisser les Qataris et leurs partenaires américains.
Plus important encore, la coalition insiste pour que les questions fondamentales soient réglées avant tout dialogue véritable. Cela inclut un cessez-le-feu effectif, apportant un soulagement indispensable aux populations civiles traumatisées, ainsi que des sujets sensibles comme l’intégration administrative et militaire, qui restent des points de blocage majeurs.
Si Tshisekedi pensait pouvoir ignorer les Qataris et disparaître sans explication – comme il l’a fait en quittant le processus de Luanda pour se tourner vers le Qatar et les États-Unis – il doit désormais affronter une dure réalité : il ne trompe personne. Pour une fois, il doit être honnête et admettre qu’il sabote la paix et refuse de mettre fin à la guerre.
En résumé, Tshisekedi doit se présenter devant le monde tel qu’il est, cesser de se faire passer pour un homme de paix et assumer les conséquences de sa décision de poursuivre le conflit. S’il choisit de mener la guerre jusqu’au bout, qu’il le dise clairement, et que le plus fort l’emporte.
Kabila a mis Tshisekedi en échec et mat. Le président congolais doit maintenant prendre une décision qui déterminera son avenir : se retirer discrètement et permettre aux Congolais de reconstruire ce qu’il a détruit, ou partir sans cérémonie, comme Mobutu.
