Lorsque Massad Boulos, conseiller principal du président américain Donald Trump pour les affaires africaines, s’est exprimé sur France 24, les fidèles du régime Tshisekedi se sont empressés de disséquer chacun de ses mots, cherchant désespérément une « victoire » diplomatique à célébrer après les revers militaires infligés à leur coalition génocidaire.
Ils cherchent encore.
Le message est bien moins spectaculaire, et bien plus dérangeant.
Il n’y avait absolument rien de nouveau dans les déclarations de Boulos. Aucun changement de politique. Aucun durcissement de ton. Aucune révélation majeure.
Il a simplement répété, presque mot pour mot, ce que les responsables américains avaient déjà déclaré à l’ONU après la chute d’Uvira, ainsi que ce que le Département d’État avait affirmé lors d’auditions avec des représentants du Congrès. Si certains espéraient un séisme diplomatique, cela ressemblait plutôt au bulletin météo de la semaine dernière.
Ce que les loyalistes du régime préfèrent ignorer, c’est ceci : tant dans son interview sur France 24 que dans son dernier message sur X, Boulos a insisté sur le fait que la piste de Doha est la pièce manquante de tout accord de paix global.
Sur X, tout en saluant prudemment une éventuelle acceptation par Kinshasa du cessez-le-feu proposé à Luanda, il a martelé : « La priorité est désormais de rendre opérationnel le mécanisme de supervision et de vérification du cessez-le-feu convenu à Doha. »
En clair : le travail n’est pas terminé. Le cadre de Washington est incomplet. « Ce n’était qu’un point de départ », a-t-il expliqué à France 24. Et la pièce manquante, c’est précisément le processus que Kinshasa tente de marginaliser.
Il y a toutefois eu une nouveauté subtile mais importante dans ses récentes déclarations. Dans son message sur X, Boulos a appelé à la fin des attaques de drones contre les civils — une allusion à peine voilée aux frappes barbares menées contre les communautés banyamulenge par la coalition du régime Tshisekedi.
Et lors de son entretien avec France 24, il a reconnu les gestes de bonne volonté de l’AFC/M23, notamment leur retrait d’Uvira et du territoire de Fizi. Pas vraiment le genre de titres qui servent la narration officielle du régime.
La réalité, inconfortable, est que les menaces de sanctions contre le Rwanda ne régleront pas les échecs politiques et sécuritaires internes du Congo. Boulos le sait. C’est pourquoi il revient sans cesse à Doha — un fait qui exaspère les extrémistes au sein du régime.
Ils ne peuvent pas simplement balayer d’un revers de main la cause légitime de l’AFC/M23, ni enterrer les revendications de millions de Congolais qui en ont assez des prédateurs qui détruisent notre pays.
