Face à l’effondrement sécuritaire et social qui frappe la République Démocratique du Congo, Félix Tshisekedi s’est imposé comme le maître incontesté de l’externalisation de ses propres échecs.

Plutôt que d’assumer la responsabilité des défaillances de son gouvernement et d’apporter des solutions concrètes aux souffrances quotidiennes de la population, Kinshasa préfère manipuler l’opinion publique en désignant systématiquement le Rwanda, les opposants politiques comme Kabila et les membres de l’AFC/M23 comme la cause de tous les maux du pays.

Cette rhétorique victimaire, répétée en boucle dans les médias officiels, vise un objectif politique clair : détourner l’attention des citoyens des carences structurelles de l’État et justifier l’absence totale ou la faillite des réformes institutionnelles et sécuritaires au sein de ses propres forces armées.

Pendant que l’attention est focalisée sur ces accusations, la réalité du terrain dans l’est de la RDC révèle un bilan catastrophique, particulièrement dans la province de l’Ituri. Les ADF (Forces Démocratiques Alliées), groupe terroriste affilié à l’État islamique et figurant sur les listes noires internationales, continuent de perpétrer des atrocités indicibles en toute impunité.

Plusieurs rapports d’experts dénoncent la complaisance, voire le soutien de certains cercles du pouvoir, qui laissent ce groupe sanguinaire maintenir des zones de refuge pour ses membres. L’instabilité entretenue permet le pillage systématique des ressources minières de l’État au profit d’une élite dirigeante, tandis que des millions de citoyens congolais demeurent plongés dans l’extrême pauvreté et l’insécurité.

Face à l’ampleur des massacres commis par les ADF et aux soupçons de réseaux de parrainage institutionnel, le silence observé par des organisations telles qu’Amnesty International, Human Rights Watch ou certaines instances des Nations Unies interpelle. La sélectivité dans la dénonciation des violations des droits humains fragilise la crédibilité de la justice internationale.

Il devient impératif que la communauté internationale sorte de son inertie et applique des sanctions ciblées contre tous les acteurs, y compris au plus haut niveau de l’appareil d’État congolais, qui facilitent ou tirent profit des activités terroristes dans cette partie du pays.

Plus inquiétant pour l’unité du pays et son intégrité territoriale, la manipulation identitaire face à la réalité de l’AFC/M23 est devenue la stratégie de Kinshasa. Cette stratégie du gouvernement passe par une diabolisation constante des mouvements d’opposition armée, incarnée par les sorties médiatiques répétées du porte-parole Patrick Muyaya.

En s’efforçant de dépeindre les combattants du M23/AFC comme des éléments « étrangers », le régime tente de nier une réalité socio-politique incontestable : il s’agit de citoyens congolais qui luttent pour leur reconnaissance, leur inclusion et leur sécurité au sein de leur propre patrie.
Rejeter la citoyenneté de ces populations et chercher à les exclure des tables de négociation condamne d’avance toute initiative de paix.

Aucun processus politique, qu’il soit régional ou international, ne pourra aboutir à une stabilité durable tant que le pouvoir en place refusera de faire face à ses responsabilités dans la crise actuelle et tant qu’il rejettera un dialogue inclusif intégrant l’ensemble des parties prenantes aux griefs légitimes.

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