Pendant que le président Félix Tshisekedi foule les tapis rouges des sommets internationaux et prononce de grands discours sur la paix, la tolérance et la coexistence, nous, enfants de l’Est du Congo, passons nos nuits terrifiés, cachés dans la brousse.
Comment un chef d’État peut-il s’adresser au monde au nom de l’humanité alors que son propre gouvernement orchestre le chaos contre ses propres citoyens ? Pour nous, Congolais oubliés des hauts plateaux et des collines du Kivu, les paroles de monsieur Tshisekedi ne sont qu’une cruelle mascarade.
La réalité de son mandat n’est pas celle d’une quête de paix, mais celle d’une trahison caractérisée par des bombardements aveugles, une impunité totale des milices armées par l’État et l’abandon systématique des populations les plus vulnérables.
Pour comprendre ce calvaire, il suffit de regarder ce qui se passe loin des caméras des sommets diplomatiques. Dans les territoires de Minembwe, Fizi et Walikale, la guerre n’est pas seulement une crise lointaine ; c’est un ciblage quotidien et délibéré.
L’armée nationale, censée nous protéger, utilise quotidiennement des drones de combat et de l’artillerie lourde pour pilonner des zones densément peuplées de civils, en particulier les communautés tutsi et banyamulenge, victimes d’une discrimination d’État non avouée, et semble même poursuivre un projet visant à les déraciner de leurs terres ancestrales.
Récemment, à Minembwe-Centre, des frappes de drones ont visé des infrastructures vitales, allant jusqu’à toucher l’hôpital général local, terrifiant les malades et détruisant les derniers refuges de survie des civils.
Des localités comme Kakenge, Rugezi et Point Zéro ont été transformées en champs de ruines sous l’action combinée des forces gouvernementales et des milices Wazalendo parrainées par le pouvoir. Des milliers de familles ont dû fuir leurs maisons incendiées pour survivre dans des conditions indicibles, sans accès à la nourriture, à l’eau potable ou aux soins de santé. À Walikale, la violence est tout aussi brutale, transformant des villages agricoles pacifiques en zones de désolation.
Ce qui brise le cœur, c’est de voir à qui notre gouvernement s’allie pour mener cette sale guerre. Pour pallier les faiblesses de notre armée, Kinshasa a choisi de pactiser avec le diable en intégrant les FDLR, une milice génocidaire rwandaise, directement dans la structure de commandement militaire. Comment pouvons-nous croire en la justice de notre président lorsqu’il arme et finance des criminels de guerre étrangers pour persécuter ses propres compatriotes ?
Cette collaboration officielle avec des forces négatives et des milices extrémistes ne fait qu’alimenter les discours de haine et la violence ethnique à travers le pays. En faisant des FDLR et des extrémistes locaux ses partenaires privilégiés sur le terrain, Félix Tshisekedi a retiré à la présidence toute autorité morale.
La vérité que Kinshasa tente de cacher derrière ses campagnes de relations publiques est simple : le gouvernement ne gouverne rien à l’Est. L’État congolais n’existe chez nous que sous la forme d’une machine de prédation fiscale. On nous prend le peu d’argent que nous parvenons à gagner au milieu des ruines pour aller le dépenser dans le luxe de la capitale, tandis que nous sommes abandonnés à notre propre sort face aux bombes.
La communauté internationale doit enfin ouvrir les yeux sur ce double jeu cynique. Félix Tshisekedi est un dirigeant qui prêche la paix à l’étranger mais sème la désolation chez lui.
Tant que le président refusera de cesser de bombarder ses propres civils et de rompre ses alliances avec les forces négatives, ses discours dans les forums mondiaux resteront une insulte à notre souffrance. Nous ne voulons plus de promesses théâtrales ; nous voulons que notre propre gouvernement arrête de nous tuer.
