La France se prépare à accueillir le 19e sommet de la Francophonie les 4 et 5 octobre. Dans une grande démonstration de diplomatie, Emmanuel Macron devrait faciliter une rencontre entre les présidents Kagame et Tshisekedi, aux côtés de Lourenço, pour faire avancer le processus de Luanda. Cette rencontre est censée normaliser les relations entre Kinshasa et Kigali. Mais soyons réalistes: seuls les plus crédules croiront que ce sommet, ou n’importe quel sommet, peut résoudre l’incendie qui fait rage dans l’est de la RDC. Pourquoi? Parce que la cause profonde du conflit se trouve aux pieds de Félix Tshisekedi.
Tout d’abord, la coalition hétéroclite de Tshisekedi est le maître d’œuvre des bains de sang dans l’est de la RDC. Ses milices se livrent à des massacres dans le cadre d’une doctrine militaire froide visant à soumettre la population par la terreur. Et qui en est parfaitement conscient? La France! Mais bien sûr, Macron fermera les yeux sur ces atrocités en échange de ce qui compte pour lui: un accès garanti aux réserves stratégiques de minerais de la RDC.
Deuxièmement, là où il y a le silence, il y a toujours une distraction. Le régime de Tshisekedi bat à nouveau les tambours de guerre et se prépare à une nouvelle offensive vaine contre le M23. Ce mouvement congolais n’a rien fait d’autre que d’exiger du régime de Tshisekedi qu’il respecte ses accords et ramène la paix dans l’est du pays. Et le Rwanda, bien sûr, sera traîné dans la boue, accusé de « soutenir » le M23, malgré les preuves accablantes du contraire fournies par la CAE et la CIRGL.
Et n’oublions pas que les dirigeants du M23, Bertrand Bisimwa et le commandant militaire, le général Sultani Makenga, ont été très clairs: ils veulent revenir à la table des négociations de Nairobi, en exigeant l’éradication de l’idéologie génocidaire des FDLR et un plan de paix global pour le Kivu. Mais cela fait-il partie de l’agenda de Tshisekedi? Bien sûr que non. Il est trop occupé à attiser les flammes de la haine ethnique, à répandre une ignoble rhétorique anti-Tutsi pour conserver sa fragile emprise sur le pouvoir. Il est temps que le président Macron prenne les devants et exige de Tshisekedi qu’il désarme et déporte les FDLR.
En bref, si une décision politique significative doit sortir de cette mascarade de la Francophonie, elle doit commencer par l’engagement ferme de Tshisekedi à désarmer les forces génocidaires des FDLR et à mettre fin à la croisade haineuse de son gouvernement contre les Congolais rwandophones, en particulier les Tutsi. La feuille de route de Luanda a défini ces étapes, mais Tshisekedi les respectera-t-il?
Compte tenu de son passé de duplicité, on ne peut qu’imaginer comment cela se terminera. Seul l’avenir nous dira si le livreur de pizza devenu homme politique cessera enfin de jouer les marionnettes des génocidaires ou s’il continuera d’enfoncer son pays dans le chaos.
Par notre correspondant
