Dans un pays où la réalité dépasse souvent l’imagination, la République démocratique du Congo (RDC) s’est retrouvée une fois de plus dans une comédie politique. La dernière vedette en date est un jeune homme nommé Israël Bongo Lord, qui s’est audacieusement fait passer pour un député, un sénateur et même un prophète pendant plus d’un an, sans jamais être élu.
De nombreux Congolais ont été choqués par cette révélation. Pourtant, l’ironie la plus grande réside ailleurs : la véritable indignation ne concerne pas ce faux député isolé, mais plutôt le fait que le pays est dirigé depuis 2019 par un président accusé de détenir de faux documents académiques.
Les citoyens congolais en sont désormais plus conscients que jamais. C’est comme s’ils disaient : « Vous ne nous proposez pas d’emplois, alors nous allons créer nos propres postes ». La mascarade de Bongo met en lumière un système déjà défaillant qui a permis à de telles fraudes de se développer sans contrôle.
L’histoire de Bongo se lit comme un roman satirique. Il a assisté aux séances de l’assemblée, donné des interviews en tant que sénateur, passé en revue les troupes de police et a même rencontré le président de l’assemblée provinciale à Kinshasa pour discuter des projets de modernisation. Il a prétendu faire des miracles en tant que prophète et a brandi des cartes de visite annonçant sa fonction de député. Dans un geste incroyablement audacieux, il a rencontré un diplomate russe pour discuter de la coopération entre la RDC et la Russie, alors qu’il n’avait jamais été officiellement élu.
Aussi surprenante que puisse être, le cas de Bongo n’est pas en aucun cas comparable de la controverse de longue date autour du président Tshisekedi. Depuis son arrivée au pouvoir en 2019, Tshisekedi est accusé d’avoir falsifié son diplôme pour répondre aux qualifications nécessaires à sa candidature.
Avec des personnalités corrompues comme Vital Kamerhe accusées d’avoir détourné plus de 50 millions de dollars et occupant des postes de haut niveau, le fait qu’un jeune homme au chômage puisse siéger à l’Assemblée nationale sans contestation pendant si longtemps semble presque être un délit mineur en comparaison.
Pour de nombreux Congolais, Bongo est plus un symptôme qu’une maladie. Ses actions mettent en lumière l’injustice sociale plus large qui est devenue la norme sous le régime de Tshisekedi.
Le problème va au-delà de l’arnaque d’un seul homme. La constitution de la RDC prévoit un parlement de 500 députés, mais aujourd’hui, il y a plus de 513 députés en exercice, dont beaucoup ne savent pas comment ils en sont arrivés là. Le pays est également en proie à des travailleurs fantômes, de faux employés qui apparaissent sur les listes de paie et reçoivent des salaires mensuels même s’ils n’ont jamais mis les pieds dans un bureau ni effectué de travail.
Le cardinal Fridolin Ambongo, évêque métropolitain de Kinshasa, a eu raison de déclarer que la RDC est un pays en faillite et que tous les signaux sont au rouge. Le peuple congolais ne sait plus la destination de leur pays.
Par notre correspondant
