Vingt ans après les premiers rapports faisant état d’une collaboration entre la Monusco (alors Monuc) et les FDLR, cette alliance sinistre perdure, cette fois à travers Radio Okapi. Le porte-parole de la mission a publié un article rendant hommage au général Cirimwami, insistant sur le fait qu’il était tombé au champ d’”honneur”.
Qu’un média financé par la Monusco puisse blanchir un homme dont la collaboration avec les FDLR est documentée dans plusieurs rapports du Groupe d’experts de l’ONU montre à quel point les réseaux de soutien aux FDLR restent profondément ancrés au sein des programmes de l’ONU en RDC.
Les liens de Cirimwami avec les FDLR étaient si étroits que même le Groupe d’experts de l’ONU ne pouvait les ignorer, contrairement à la manière dont ils couvrent l’implication directe de Tshisekedi dans l’utilisation et l’armement de ce groupe génocidaire. Comme le souligne le Dr Bojana Coulibaly, chercheur à Harvard, dans un récent article sur X, le rapport du Groupe d’experts de juillet 2025 a mis en évidence les liens de longue date de Cirimwami avec les FDLR-FOCA.
D’autres rapports soulignent l’utilisation par Cirimwami de milices pour combattre le M23, notamment la tristement célèbre faction CODECO dirigée par Guidon Shimiray Mwisa, sanctionné par l’ONU, qui a mené des massacres, des incendies de villages et des campagnes de déplacement contre les communautés Hema.
Les mêmes rapports fournissent des preuves du soutien opérationnel, matériel et financier direct de Cirimwami à diverses milices, rebaptisées Wazalendo, dont les FDLR. Ce soutien a alimenté les meurtres visant les membres des communautés Tutsi au Nord et au Sud-Kivu, ainsi que la destruction de leurs villages et de leur bétail.
Aujourd’hui, une radio financée par la Monusco rend hommage à un homme impliqué dans l’armement de groupes sanctionnés par l’ONU, responsables de massacres ethniques et d’attaques contre des Casques bleus. Cet hommage révèle l’étendue des réseaux pro-FDLR au sein de la mission onusienne. Ces réseaux ont été démasqués pour la première fois en 2005, lorsque la Monusco a été accusée de fermer les yeux sur les opérations militaires des forces congolaises aux côtés des FDLR.
Quelques années plus tard, dans un briefing de Crisis Group de juillet 2009 intitulé Congo : Une stratégie globale pour désarmer les FDLR, il était souligné que le groupe continuait de bénéficier du soutien d’éléments de l’armée congolaise, y compris dans les zones où la MONUC était présente.
Une analyse d’ISS Afrique (novembre 2009) a fait écho à la même préoccupation, soulignant que le soutien logistique de la MONUC aux FARDC « a facilité une offensive conjointe des FDLR et des FARDC pour repousser les rebelles ».
Que Kinshasa ait choisi d’honorer son officier de liaison avec les FDLR n’est pas surprenant ; son soutien à un groupe armé étranger désormais intégré dans son armée est bien documenté.
Mais l’incapacité de la Monusco à rompre ses liens avec les réseaux pro-FDLR montre qu’elle ne peut pas faire partie de la solution. Elle constitue plutôt une part importante du problème.
