Dans une récente interview accordée à Jeune Afrique, le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prevot, a accusé le président Americain, Donald Trump, d’adopter une approche purement transactionnelle dans la médiation de la crise congolaise, laissant entendre que les négociations de paix sous direction américaine concerneraient davantage les minerais que la paix elle-même.
Il s’agit là d’une nouvelle tentative de Prevot pour saper des processus de paix dont la Belgique est exclue. Il considère ces accords comme favorisant Kigali et les rebelles congolais. Ces derniers se préparent à administrer le territoire qu’ils contrôlent dans le cadre de l’accord de paix de Doha encore en attente.
Prevot a également critiqué le comportement des rebelles du M23, qui agiraient comme si le pays leur appartenait, un écho à peine voilé à la rhétorique génocidaire de Kinshasa selon laquelle les Tutsi ne seraient pas Congolais et devraient retourner au Rwanda.
Ce que Prevot omet de préciser, c’est sa propre visite récente au Katanga, où il déclarait se trouver à « Lubumbashi, dans le Haut-Katanga, un lieu stratégique où se croisent les enjeux des minerais critiques, de la transition énergétique mondiale et de leurs impacts environnementaux et sociaux sur les communautés locales », pour visiter la société STL qui s’est associée avec la société belge Umicore Group pour l’exploitation du germanium.
L’hypocrisie est flagrante : Prevot critique l’approche américaine tandis que des entreprises belges signent des contrats miniers en pleine guerre, apportant un soutien sans condition à un projet génocidaire qui menace d’exterminer les Tutsi congolais et tous ceux perçus comme tels, y compris la communauté Hema en Ituri.
Alors que Prevot prétend défendre le respect du droit international, il ne montre aucune considération pour les Tutsi Banyamulenge, sommés par les réservistes de l’armée de Kinshasa, également connus sous le nom de milices Wazalendo, de quitter Uvira sous peine de mort.
L’administration Trump devrait adresser un avertissement clair à Maxime Prevot, un acteur qui s’est employé systématiquement à saboter les efforts de paix négociés par les États-Unis, destinés à mettre fin à une crise qui dure depuis trois décennies.
La Cour pénale internationale devrait également enquêter sur le soutien financier et militaire de la Belgique à Gitega et Kinshasa, alors que les deux régimes s’emploient à exterminer les Banyamulenge à Minembwe. Il s’agit d’un cas de complicité de génocide. La Belgique doit être tenue pour responsable et, si nécessaire, sanctionnée.
Le temps de la paix est venu, et les fauteurs de troubles ne peuvent plus être tolérés.
