Demain, le Conseil de sécurité de l’ONU se réunit pour discuter des difficultés rencontrées par la MONUSCO (la force de « maintien de la paix » de l’ONU en RDC) dans la mise en œuvre de son prétendu mandat.
Bintou Keita, cheffe de la mission, accusera probablement tout le monde, y compris le changement climatique et les chiens errants, à l’exception de la corruption interne à la mission elle-même. La MONUSCO a échoué lamentablement, a commis des crimes et doit désormais partir.
Depuis la chute de Goma, la MONUSCO a déplacé son quartier général à Beni, plus au nord, dans la province du Nord-Kivu, principalement en raison de son statut de belligérant.
Dans le but de vaincre les rebelles du M23, la MONUSCO a fourni un soutien logistique à l’armée congolaise, en sachant pertinemment que celle-ci était alliée aux FDLR génocidaires et à d’autres milices sanctionnées par l’ONU.
Goma, où se trouvaient alors le quartier général et plusieurs bases de la MONUSCO, est devenue le théâtre de violences génocidaires. Le lieutenant Gisore Patrick, officier des FARDC, a été victime d’une foule haineuse et brûlé vif parce qu’il était tutsi, tout comme de nombreux autres civils tués sous les yeux des troupes de la MONUSCO. Les hommes de Bintou étaient pour le moins coupables de non-assistance.
Lorsque l’AFC/M23 a vaincu la coalition meurtrière de Kinshasa et pris le contrôle de la capitale provinciale, la mission de l’ONU a dissimulé des centaines d’éléments des FDLR dans ses bases, ainsi que des mercenaires européens, des milices Wazalendo et des éléments des FARDC.
Pour éviter le scandale qu’aurait provoqué la découverte de ces éléments dans les bases onusiennes, la MONUSCO les a libérés de nuit, armés jusqu’aux dents, aggravant encore la situation sécuritaire à Goma, alors même que les rebelles du M23 tentaient de stabiliser la zone. De nombreux civils ont été volés ou tués par ces criminels armés. En s’abstenant de les désarmer ou en libérant des individus qu’elle savait susceptibles de commettre des crimes, la MONUSCO s’est rendue coupable de complicité.
En résumé, les charges possibles contre la MONUSCO incluent la négligence criminelle, la complicité de crimes, le défaut de protection des civils et la collaboration avec des groupes armés hébergés ou relâchés de ses bases.
La mission peut également être tenue responsable, en vertu du droit international humanitaire, d’actes d’omission ayant contribué à la mort de civils et à des violations graves des droits de l’homme.
Aujourd’hui, des civils continuent d’être massacrés à Butembo et à Beni, au Nord-Kivu, ainsi que dans la province de l’Ituri, sous le regard de la MONUSCO. Après vingt-six ans de présence, la mission est devenue experte dans la coexistence avec les groupes armés et dans la création de conditions propices à l’émergence de nouveaux groupes.
Il n’existe tout simplement aucune justification au maintien de sa présence au Congo.
