Le coordinateur de l’Alliance du Fleuve Congo, Corneille Nangaa, a publié une déclaration adressée à Kinshasa — mais son avertissement dépasse largement les frontières congolaises.

En affirmant que « tout vecteur aérien déployé contre les populations des zones libérées sera neutralisé à sa source » et en invoquant une doctrine de défense préventive, le message était sans équivoque : ceux qui facilitent de telles attaques ne peuvent plus espérer rester impunis.

Le Burundi ferait bien d’en tirer les conséquences.

Depuis plusieurs mois, l’aéroport de Bujumbura servirait de plateforme pour le lancement de drones visant Minembwe, et ces opérations se poursuivent. Même si Nangaa n’a pas cité le Burundi explicitement, ses autorités ne doivent pas se bercer d’illusions : apporter un soutien logistique ou militaire à un régime engagé dans une campagne génocidaire contre les Banyamulenge expose à de lourdes représailles.

Des rapports concordants, bien que non confirmés officiellement, font état d’une montée des tensions le long de la frontière RDC–Burundi. Les forces burundaises auraient subi des pertes significatives lors d’affrontements avec l’AFC/M23 près de Runingo la semaine dernière, plusieurs mercenaires étrangers ayant été capturés puis transférés à Goma. Ces derniers jours, les combats se sont intensifiés à d’autres points de la frontière, entraînant la capture d’au moins deux douzaines de soldats burundais.

L’AFC/M23 a pourtant répété qu’elle ne cherche pas à étendre le conflit au territoire burundais. Mais, comme elle l’a clairement indiqué, sa patience n’est pas infinie. Neutraliser les menaces « à leur source » ne suppose pas nécessairement un franchissement de frontière — une capacité déjà démontrée lors d’opérations récentes contre l’aéroport de Kinsangani.

Si le Burundi continue de laisser son territoire servir de base arrière à des attaques contre des civils congolais, il s’expose à être entraîné directement dans une guerre qu’il prétend vouloir éviter.

Cela peut paraître alarmiste. C’est pourtant une lecture lucide de la situation. Les autorités burundaises ont encore le choix : se retirer, ou devenir partie prenante d’un conflit dont le coût sera payé, avant tout, par leur propre population.

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