Le Rwanda et la RDC auraient soi-disant fait des progrès vers la paix après la conclusion très médiatisée de la cinquième Réunion Ministérielle Tripartite pour la Paix et la Sécurité dans l’est de la RDC, tenue à Luanda, en Angola. Mais voilà le hic: rien de tout cela ne concerne le M23, la puissance qui a pris le contrôle de vastes territoires au Nord-Kivu. Pourquoi? Parce que le régime de Tshisekedi a fermé les yeux sur les vrais problèmes – à savoir son incapacité à respecter les accords de paix de 2013 et son approbation tacite du nettoyage ethnique contre les Tutsi congolais par les FDLR, les milices brutales soutenues par les FARDC.
Ne mâchons pas nos mots: le régime de Tshisekedi a été complice de cette violence systématique, donnant le feu vert aux atrocités contre les civils, en particulier la population Tutsi congolaise de l’est, tout en ne faisant absolument rien pour maîtriser les innombrables gangs armés étrangers et locaux qui pillent les provinces orientales riches en minerais. Sous sa gouvernance, l’est de la RDC demeure un no man’s land anarchique où les gangs “Wazalendo” sévissent en toute impunité, lourdement armés grâce à la bénédiction de Tshisekedi.
La décision du M23 de reprendre sa lutte armée était inévitable à la lumière de ces trahisons. Pour l’instant, ils ont accepté de respecter la demande de cessez-le-feu, mais ils n’ont pas été invités au Sommet de Luanda. Le régime de Tshisekedi continue de prétendre qu’il détient toutes les cartes, pourtant c’est le M23 qui contrôle le territoire et, surtout, la sécurité des populations du Nord-Kivu, en les défendant des groupes armés que le régime de Tshisekedi est incapable de contrôler.
En résumé: le M23 est solidement implanté à travers de vastes zones du Nord-Kivu, s’étendant de Bunagana et Masisi à Rutshuru, jusqu’aux rives du lac Kivu. Avec la ville de Goma à portée de main, le M23 ne bougera pas à moins que Tshisekedi ne ravale sa fierté et ne s’assoie à la table des négociations. S’il continue de faire l’autruche, le Nord-Kivu lui échappera définitivement.
Par notre correspondant
