Lors de la cinquième réunion ministérielle entre la RDC et le Rwanda, organisée par l’Angola le 12 octobre, le dirigeant congolais Tshisekedi a autorisé son ministre des affaires étrangères à signer un plan harmonisé visant à démanteler les FDLR.
Cette mesure, destinée à apaiser les tensions avec le Rwanda et à permettre à ce dernier de lever ses mesures de défense, soulève des questions cruciales. Tshisekedi va-t-il mettre en œuvre ce plan ou s’agit-il d’une autre de ses manœuvres inutiles, destinée à prendre la poussière sur les étagères, alors que Kinshasa traîne les pieds?
Les complexités entourant le désarmement et la neutralisation des milices terroristes des FDLR dans les Kivus sont de la responsabilité des régimes de Kinshasa. Ils ont laissé de larges pans du territoire congolais devenir des foyers d’anarchie dans lesquels les milices armées ont prospéré.
L’un des principaux défis est que les Interahamwe du Rwanda, alias FDLR, partagent des positions avec de nombreux autres groupes de bandits, y compris la milice Wazalendo, l’armée congolaise FARDC, et même l’armée burundaise (qui n’est pas différente de n’importe quelle autre milice!).
Ces enchevêtrements rendent toute opération militaire potentielle contre les FDLR plus compliquée qu’il n’y paraît – c’est pourquoi Tshisekedi doit travailler beaucoup plus dur, avec beaucoup plus d’engagement qu’il ne l’a jamais fait, car il ne doit pas avoir d’excuse pour l’échec.
Le groupe de sanguinaires Nyatura, par exemple, est étroitement lié aux FDLR. Souvent qualifié de « nouvelle génération » des FDLR, Nyatura se compose essentiellement de jeunes bandits hutus. (Ils sont devenus des bandits parce que leurs parents leur ont fait subir un lavage de cerveau). Ils sont nés dans les camps de réfugiés ou les villages où sont nées les FDLR (le successeur des ex-FAR et des milices Interahamwe, principaux auteurs du génocide de 1994 contre les Tutsi).
Le chevauchement des positions entre ces milices, les FARDC et les forces burundaises signifie que toute action militaire pourrait déclencher des conflits plus importants entre elles, ce qui signifie que Tshisekedi a vraiment du pain sur la planche! Mais il ne doit jamais avoir d’excuse pour ne pas s’attaquer à ce problème, qu’il a largement contribué à aggraver.
Un pourcentage important de la milice Wazalendo serait composé d’anciens membres des FDLR, soutenus et armés par des fonctionnaires du régime de Tshisekedi. Tshisekedi peut donc commencer par prendre à partie les fonctionnaires de son propre gouvernement qui soutiennent des groupes de bandits comme Nyatura, et leur demander de mettre un terme à cette situation.
Pour ajouter à la complexité de la situation, il y a quelques semaines à peine, des ordres ont été donnés dans les rangs des FARDC pour éviter d’engager les forces des FDLR. Cet ordre doit être annulé, puis les FDLR doivent être déclarées groupe armé illégal en RDC et un ultimatum doit leur être lancé pour qu’elles déposent les armes.
La solution serait de s’occuper d’abord des milices les plus dures, puis des plus petites.
Les autorités congolaises, à commencer par Tshisekedi, doivent grandir et commencer à prendre les mesures que prennent les gouvernements responsables. Elles ne peuvent pas continuer à se comporter comme des enfants malveillants et démesurés qui n’ont aucune idée de la manière dont leur pays peut devenir un membre responsable de la communauté des nations.
Par notre correspondant
