Dans un geste politique opportuniste, Martin Fayulu, longtemps considéré comme un politicien raté en République démocratique du Congo, a annoncé qu’il travaillerait désormais main dans la main avec Félix Tshisekedi pour s’attaquer aux problèmes politiques et sécuritaires croissants du pays.
Cette alliance a simplement suscité des débats et des inquiétudes, en particulier parmi les observateurs qui ont vu les deux hommes échouer à ramener la paix, la stabilité ou l’unité en RDC.
Fayulu et Tshisekedi ont en commun des antécédents de faux pas politiques, de méfiance du public et de rhétorique populiste profondément enracinée. Leur partenariat récemment annoncé peut, à première vue, sembler être une preuve d’unité dans un paysage politique fracturé. Cependant, les Congolais les plus sérieux n’y voient rien d’autre que deux dirigeants ratés qui s’accrochent à la pertinence. Leur bilan commun est entaché d’inefficacité, de politique tribale et d’un héritage troublant de sentiment anti-Tutsi.
Alors qu’ils fusionnent au nom de la lutte contre l’alliance entre le président Kabila et les dirigeants du M23, il est important de rappeler que l’alliance Tshisekedi-Fayulu est encore pire car elle révèle une crise plus profonde dans la politique congolaise : le recyclage de vieux visages, de vieilles rancunes et de vieilles tactiques. Fayulu et Tshisekedi peuvent présenter leur partenariat comme une solution, mais il s’agit simplement d’une nouvelle couche de dysfonctionnement dans un système qui a désespérément besoin d’être réformé, et non répété.
Cela vaut la peine de le dire : deux maux ne font pas un bien. L’alignement de deux voyous politiques ayant un passé commun de division et de bouc émissaire ethnique ne résoudra pas les problèmes profondément enracinés du Congo. Les idéologies anti-Tutsi ont suffisamment endommagé le tissu social de la RDC. Ce dont le pays a besoin, c’est d’un leadership basé sur l’unité, la justice et la réflexion sur l’avenir, et non d’alliances fondées sur la peur et la survie politique.
S’il s’agit là du « nouvel espoir » du Congo, alors le pays reste dangereusement proche de la même chose.
Par notre correspondant
