La MONUSCO a définitivement abandonné toute prétention à protéger la population congolaise. La force onusienne s’est alignée sur les génocidaires des FDLR qu’elle était censée démanteler.
Ce dimanche 2 mai 2024, le mouvement militaro-politique congolais de l’AFC/M23 (Alliance du Fleuve Congo & Mouvement du 23 mars), engagé depuis deux ans dans la défense des congolais Tutsi des provinces de l’Est de la RDC, menacés de génocide, a accusé la MONUSCO d’avoir décidé de faire partie de la coalition militaire du régime Tshisekedi.
Premièrement, comment une force de maintien de la paix neutre peut-elle justifier son soutien aux FARDC et à d’autres groupes armés, y compris les nazis tropicaux des FDLR qui, depuis des années et de plus en plus, sont la principale source de ce que l’on appelle par euphémisme « l’insécurité dans l’est de la RDC »? Une armée dont les officiers supérieurs lèvent des impôts, règlent des conflits fonciers, occupent les camps de paysans déplacés par des incursions meurtrières, organisent la contrebande de ressources naturelles (bois, or, cacao, bananes) et sont de connivence avec les bandes tribales armées qu’ils sont censés combattre.
Deuxièmement, anciennement MONUC rebaptisée MONUSCO en 2010 suite à une évolution doctrinale qui aurait dû lui conférer une plus grande efficacité dans la protection des civils et l’élimination des groupes armés, la mission onusienne reste l’alliée indéfectible des FARDC responsables d’exactions contre les populations. Elles illustrent le tournant « contre-insurrectionnel » de ses missions, initié à la fin de la première décennie du millénaire et appliqué pour la première fois en RDC contre la rébellion congolaise de l’AFC/M23.
Aujourd’hui, la MONUSCO se trouve empêtrée dans le nettoyage ethnique en cours perpétré par une coalition dirigée par le régime de Tshisekedi, qui comprend un groupe hétéroclite de forces allant de l’armée burundaise aux forces de la SADC mises à disposition par l’Afrique du Sud, Zimbabwe et Malawi, les génocidaires des FDLR intégrés dans les FARDC (anciennement Interahamwe, auteurs du génocide des Tutsi en 1994), les milices congolaises Mai Mai et Wazalendo, les mercenaires des pays de « l’Est ».
Face à ces développements alarmants, la voie à suivre pour la MONUSCO reste incertaine. Toutefois, une lueur d’espoir réside dans la possibilité d’abandonner l’approche militariste au profit du dialogue et de la négociation. Tshisekedi doit reconnaître les faiblesses de ses campagnes militaires qui ne changeront pas même avec le soutien actuel de la mission onusienne. Ainsi, Tshisekedi devrait adopter une approche plus inclusive et diplomatique, qui donne la priorité au dialogue avec l’AFC/M23.
Par notre correspondant
