Le 30 juillet, à Luanda, une réunion ministérielle entre les ministres des affaires étrangères du Rwanda, de l’Angola et de la République démocratique du Congo (RDC) s’est conclue par une annonce de la présidence angolaise. Les ministres se sont mis d’accord sur un cessez-le-feu dans la région orientale de la RDC, ravagée par le conflit, qui est fixé le 4 août 2024, à minuit heure locale.

Cependant, pour le régime de Tshisekedi, ce cessez-le-feu semblait n’être qu’une simple formalité. Dès le 5 août, premier jour du cessez-le-feu, Kinshasa avait déjà repris les hostilités contre les positions du M23 à Nyamilima. Le résultat était prévisible : Le M23, contraint de se défendre, a rapidement pris le contrôle de Nyamilima.

Le 3 août, Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement de la RDC, et le général Ekenge, porte-parole des FARDC, tiennent une conférence de presse à Kisangani. Leur rhétorique était agressive. Ils ont appelé les jeunes à rejoindre l’armée pour combattre le soi-disant ennemi, au mépris du processus de paix. Bien qu’engagé dans le processus de dialogue de Luanda visant à apaiser les tensions avec le Rwanda, le langage incendiaire de Muyaya a qualifié le Rwanda d’ennemi, de terroriste et d’agresseur.

Le général Ekenge a en outre souligné que les FARDC n’avaient d’autre choix que de défendre l’intégrité territoriale de la nation et qu’elles prenaient des mesures pour renforcer leur dispositif militaire. Ces déclarations soulignent le manque d’intérêt réel du régime pour la paix.

Dans une nouvelle démonstration de mépris, de hauts responsables du parti de Tshisekedi ont ouvertement sapé l’accord de Luanda, affirmant que la paix ne pouvait être obtenue par le biais de ce processus. Ils ont suggéré que la victoire militaire sur la rébellion était la seule voie viable, écartant toute possibilité de résolution pacifique.

En revanche, le M23 a annoncé son intention d’adhérer à l’accord de cessez-le-feu, bien qu’il n’ait pas été consulté au cours du processus de paix de Luanda. Cependant, ils ont clairement indiqué qu’ils se défendraient en cas d’attaque. Le 2 août, lorsque les FARDC et leur coalition les ont attaqués, le M23 a capturé Kigunga et Kiseguru dans le territoire de Binza. Le 4 août, face à un nouvel assaut, ils ont défendu leurs positions et pris le contrôle de Nyamilima et du poste frontière d’Ishasha entre la RDC et l’Ouganda.

La communauté internationale a accueilli l’accord de cessez-le-feu avec optimisme. Cependant, cet optimisme doit s’accompagner d’une pression persistante sur le régime de Tshisekedi pour qu’il honore l’accord qu’il a signé. Il est essentiel d’aller au-delà des simples accolades diplomatiques et de tenir le gouvernement de la RDC pour responsable de ses actions. L’approche belliciste de Tshisekedi, qui s’engage dans des relations publiques trompeuses tout en sapant les accords de paix, doit être remise en question.

L’accord de cessez-le-feu de Luanda, bien qu’il constitue un pas vers la paix, se heurte à des obstacles importants en raison des actions et de la rhétorique du régime de Tshisekedi. La communauté internationale doit rester vigilante et proactive pour s’assurer que le gouvernement de la RDC respecte ses engagements et favorise une paix véritable et durable dans la région.

Par notre correspondant

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